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mardi 3 septembre 2013

Syrie, les preuves de la France se résument à rien

Le 2 septembre, le gouvernement français a décidé de rendre publique certaine information classé secret défense censé prouver la responsabilité de Bachar el Assad dans l'attaque chimique.
En la lisant on remarque qu'elle reprend simplement des informations déjà connu et dont une partie est sur Wikipédia, et qu'elle ne fait que mentionnée le fait que la Syrie dispose de stock d'arme chimique (information connue depuis plusieurs années). Il en déduit que puisque la Syrie a des armes chimiques alors ils les ont utilisées. Pourtant les USA, la Chine, la Russie et bien d'autres États en possèdent ainsi que la France.
De même les vidéos n'apportent en rien la preuve de la responsabilité de l'un des deux camps. Elles ne font que mentionner le fait que des armes chimiques ont été utilisé le 21 août. Au final elle n'apporte rien de nouveau si ce n'est le fait que la France ne dispose toujours pas de preuves de la responsabilité du régime syrien et donc la responsabilité des rebelles ne peut être exclu. "Ce document n'est pas une preuve, pas même un rapport brut des services de renseignement français", affirme Éric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement 
Le président de l'UDI fait preuve de scepticisme à la lecture du rapport et il considère qu'Il s'agit de "raisonnement" et non de preuves. Ni les israéliens qui observent attentivement la scène de tout près, ni les USA aux moyens considérables ne sont en mesure de dire qui a tiré.
On peut au mieux parler d'erreur de communication du gouvernement qui a qualifié de "déclassifiées" des informations déjà connues de tous, mais on peut également estimé comme l'affirme le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement qu' "Il s'agit d'une synthèse gouvernementale de plusieurs papiers des services de renseignement afin de manipuler l'opinion et les parlementaires".

En juin, le new york times indiquait que depuis près d’un an, d’importantes quantités d’armes issues notamment des stocks du colonel Mouammar Kadhafi, le "guide" libyen renversé et tué le 20 octobre 2011, ont été envoyées aux rebelles syriens, selon plusieurs médias. le "New York Times" détaille le mode opératoire, en se basant sur des données de vols aériens et les témoignages d’officiels, de contrebandiers, de rebelles et d’analystes. Un travail qui révèle "un effort multinational actif et complexe, financé par le Qatar, pour transporter les armes depuis la Libye jusqu’aux combattants de l’opposition syrienne", écrit le journal.

Il y a quelques mois, le site Cyber War rendait compte d’une fuite de données chez Britam Défense, une boîte de mercenaires britanniques.
On y découvre que les mercenaires ont été contactés pour introduire à Homs, en Syrie des armes chimiques et de tourner une vidéo en rendant compte. Le tout à la demande du Qatar, et selon ce dernier, avec la bénédiction de Washington. « Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, mais les sommes proposées sont énormes«, conclut le commercial en chef des mercenaires.

Les déclarations du journaliste Dale Gavlak, correspondant au Moyen-Orient pour l'Associated Press depuis deux décennies viennent étayer cette thèse. Il indique que de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, prétendent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l'intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince bandar ben Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de l'attentat chimique mortel. Les rebelles ont dit à Gavlak qu'ils n'ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu'ils ne savaient pas de quoi il s'agissait. Il semble que les armes devaient initialement être données à Al-Qaida et au groupe Front al-nosra.
Un membre de l'opposition syrienne a indiqué au journaliste que certains rebelles ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions. Abou Abdel-Moneim, le père d'un rebelle de l'opposition, a également dit à Gavlak: "Mon fils est venue me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu'on lui avait demandé de garder des armes." Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d'autres étaient comme une énorme bouteille de gaz. Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha. de plus d'une douzaine de rebelles interrogés ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.

samedi 31 août 2013

Syrie : une attaque chimique par les rebelles autorisée par Washington selon le daily mail

Le 29 janvier 2013, le daily mail ( deuxième quotidien anglais avec plus de 2 millions d'exemplaires), titre de façon sans equivoque : "U.S. "backed plan To launch chemical weapon attaque on Syria and blâme it ont Assa d regime". L'article a disparu du site du daily mail quelques jours après sa publication mais est encore disponible grâce à l'archivage des pages web. voici le lien de l'article
À cela s'ajoutent les déclarations de Carla del Ponte, membre de la commission d'enquête de l'ONU, qui indique que ce sont les rebelles qui seraient à l'origine de précédentes attaques chimiques qui aurait eu lieu en Mai dernier : "nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu'à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin".


Le daily mail s'appuie sur un échange de mail qui met en cause Washington qui aurait donné son feu vert pour déclencher une attaque chimique et faire porter la responsabilité sur le gouvernement syrien. Le courriel aurait été envoyé par un haut fonctionnaire à un entrepreneur de la défense britannique concernant une attaque chimique de Washington approuvé en Syrie qui pourrait être imputé au régime d'Assad. L’article du Daily Mail précise que « les emails ont été divulgués par un hacker malais qui a également obtenu les curriculums Vitae des hauts dirigeants et des copies de leurs passeports, d’après les informations disponibles sur Cyber War News. »
Selon le quotidien, Washington a refusé de faire des commentaires au moment de la publication.

Ces éléments permettent d'avoir un regard nouveau sur l'attaque chimique qui a eu lieu les 21 août 2013 et dont les responsabilités ne sont pas encore établies.
Les états unis et la France étaient prêt à lancer une attaque armée contre le gouvernement syrien alors même que l'enquête de l'ONU n'avait pas commencé.
On peut analyser cet empressement par de forts intérêts géostratégiques pour les États-Unis. En effet une intervention permettrait de répondre aux demandes de l’Arabie Saoudite qui soutient les salafistes en Syrie et à qui ils doivent beaucoup : premier client du complexe militaro-industriel américain. Une attaque en Syrie permettrait également d'affaiblir l'Iran qui se retrouverait isolé avec la perte d'un allié de poids. Les états unis ont également tout intérêt à entraîner un pays européen avec eux afin de fragiliser la Russe et gelait d'éventuel accord de coopération Europe russe. Enfin ce serait un moyen de faire payer au russe leur soutien à Snowden qui a divulgué le scandale PRISM.

Les États unis et François Hollande sont prêt à agir en dehors du droit international si l'ONU refuse le principe d'une intervention armée ce qui a de fortes chances d'arrivée. Sans légitimité, cette intervention militaire engendrerait des conséquences sécuritaires et économiques négatives pour les Européens et n’apporterait aucune solution à une guerre civile confessionnelle sunnites / chiites qui déjà déborde les frontières de la Syrie.

mercredi 28 août 2013

Attaque chimique en Syrie, mais où sont les preuves ?

Alors que l'Occident, états unis, Grande-Bretagne et France, en tête préparent une intervention armée contre le régime de damas, aucun élément tangible ne permet aujourd'hui d'attester des responsabilités dans le massacre des 21 aout dans le quartier de Ghouta à Damas.

Pourtant ils n’ont eu cette fois aucun doute sur la responsabilité des forces d’Assad : « Il y a un massacre chimique qui est établi, nous avons le droit d’agir, affirmait Laurent Fabius, « des armes chimiques ont été utilisées, les responsables doivent répondre de leurs actes. » indiquait John Kerry. Ainsi malgré les nombreuses déclarations depuis une semaine, aucune preuve ne vient pour l'heure confirmer la responsabilité du gouvernement de Bachar el Assad. "On ne peut pas confirmer qui en est l'auteur", indique Rami Abdel Rahmane au Point .fr. "On peut simplement affirmer que 338 personnes ont perdu la vie dans une attaque au gaz chimique, dont une majorité de civils."


On se souvient d'ailleurs de la certitude en 2003 de la présence d'armes de destruction massive en Irak qui avait entrainé les 3e guerre du Golfe. Colin Powell avait d'ailleurs montré devant le conseil de sécurité de l'Onu des photos de camions présentés comme des prototypes de laboratoire mobile de recherche biologique, des photos satellites d’usine d’armes chimiques et de bunkers, l’enregistrement d’une conversation entre des officiers de la garde républicaine irakienne qui parlent d’« agents neurotoxiques » et présente finalement un flacon de poudre blanche : de l’Anthrax. Il insiste : « chacune des déclarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources, des sources solides ». Armes de destruction massive qui n'ont d'ailleurs jamais ete trouvé mais L'administration Bush avait demandé à la CIA des enquêtes et des écoutes téléphoniques illégales pour pouvoir dénigrer publiquement les détracteurs de cette guerre.

Sur le plan politique, la syrie n'avait pas vraiment d'intérêt à faire usage d'armes chimiques alors que qu'il reprenait militairement l'avantage sur la rébellion et que les enquêteurs de l'ONU venaient d'arriver en Syrie.
Alors que les rebelles syriens les plus extrémistes notamment le front al-nosra qui s'est emparé de certains stocks chimiques étaient tout à fait capables de les activer et de les retourner contre des civils, avec pour objectifs de provoquer une levée de boucliers internationale et ainsi déclencher une intervention d’urgence. Le 30 mai 2013, les autorités turques  ont arrêté douze membres du Front Al Nosra, le groupe de rebelles Syriens lié à Al Qaïda d'Irak. Ils étaient en possession de 2 kg de gaz sarin et planifiaient des attentats en Turquie



Les autorités syriennes ont d'ailleurs demandé à l’ONU d’effectuer immédiatement une enquête sur trois attaques chimiques supplémentaires, qui aurait été perpétrées par les rebelles dans les environs de Damas les 22, 24 et 25 août, dans lesquelles des soldats des troupes gouvernementales auraient perdu la vie.
En mai dernier les conclusions de Carla del Ponte, membre de la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Syrie, sont tombées : les rebelles syriens ont bien fait usage du gaz sarin. elle indiquait : "nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu'à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin". Lors de son interview sur Europe 1 Karim Émile Bitar, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales (IRIS)indiquait qu'en utilisant ce gaz, "les rebelles avaient peut-être envie de précipiter une intervention américaine. Cela aurait été compréhensible".

Arrivés le 18 août en Syrie, les experts de l'ONU chargés d'enquêter sur le "massacre de la Ghouta" et de faire la lumiere sur les responsabilité n'ont pu commencer leur mission que lundi dernier. Ils ont été pris pour cible par des tireurs embusqués alors qu'ils se rendaient sur le lieu où l'armée syrienne est soupçonnée d'avoir fait usage d'armes chimiques contre ses opposants mercredis derniers. Les snipers, encore non identifiés, auraient tiré à plusieurs reprises sur le véhicule situé en tête de cortège, au niveau d'une zone tampon. Forçant le cortège à faire machine arrière vers le check-point du gouvernement.

Selon Olivier Lepick la mission des inspecteurs de l'ONU est voué a l'echec et il explique : "il sera extrêmement difficile pour eux de déterminer qui en a été l'auteur, ce qui nécessiterait de retrouver des débris des armes utilisées pour l'attaque."

lundi 1 avril 2013

La gauche se radicalise-t-elle ?



La gauche se radicalise-t-elle, c’est la question que l’on peut se poser suite aux attaques contre le gouvernement de la part de Jean-Luc Mélenchon et les Verts qui haussent le ton,
Les attaques contre le président de la République se multiplient même dans son propre camp avec cette semaine le député Pascal Cherki qui reproche à François Hollande de diriger la France comme un conseiller général.  C’est la première fois que le chef de l’état est attaqué sur son aptitude à exercer la fonction, aussi rapidement au cours de son mandat et par sa propre majorité. Cela correspond également à une inquiétude de la majorité des Français. 



Nicolas Sarkozy était rejeté pour son comportement alors François Hollande est en train d’être rejeté pour son manque de compétence. Il est certain que François Hollande, et au-delà le Parti socialiste, sont politiquement en danger. La "communication sans message" du président aggrave sa situation et celle de son partie. Son flou sur le cap de sa présidence entretient une inquiétude, voire une angoisse, donc un rejet, dans la population, dont tout un pan voit ses conditions de vie se détériorer rapidement. Il est logique qu’un sentiment de flottement à la tête de l’Etat soit très mal reçu par les électeurs. L’hémorragie profite principalement à deux parties, celui de Jean-Luc Mélenchon mais aussi le FN de Marine Le Pen. Lors des dernières législative partielle, une partie des électeurs du PS se sont rabattu au deuxième tour sur le candidat du FN qui était opposé à celui de l’UMP, ce dernier n’a gagné qu’avec 800 voix d’avance. Marine le Pen a qualifié d’historique cette élection : "Avec une hausse de 22 points et un quasi-doublement du nombre de voix (+ 6 000) entre les deux tours, notre candidate a pulvérisé les capacités de progression"